Le problème du textile promotionnel conventionnel

6/9/2021 3:26:38 PM

La dernière étude de Cycleco de Janvier 2021 sur l’empreinte carbone de la filière textile en France révèle que 95% du textile consommé dans notre pays est importé, et même 97.5% pour l’habillement. Concrètement, quel est le problème ? Bien sûr la délocalisation massive de nos industries vers l’Asie entraîne la perte de nos savoirs-faire. Mais le problème est bien plus large que cela. Epuisement des ressources, pollution, conditions de travail désastreuses, surproduction…  Dream Act Pro fait le point sur les problèmes de l’industrie textile conventionnelle et les solutions qui existent.

 Sommaire :

1. C’est quoi le problème du textile promotionnel conventionnel ?

2. Alors quelles solutions ?

3. Et pour le textile publicitaire, on fait comment ?

4. Conclusion : Soyons toujours plus exigeants pour aller vers plus de transparence !


 1. C’est quoi le problème du textile promotionnel conventionnel ?

  • La surexploitation des ressources naturelles

Fabriquer du textile nécessite des fibres et donc des plantes, qui elles-mêmes sont gourmandes en eau pour la culture, la transformation, la teinture… Pour produire 1 kilo de coton par exemple, environ 6 000 litres d’eau seraient nécessaires, soit l’équivalent de 170 douches !   

Champs de coton

Champs de coton

Lorsque la pluie n’est pas suffisante, on détourne l’eau des rivières, des lacs et des nappes phréatiques pour irriguer les champs.

Conséquence ? L’asséchement des cours d’eau, car l’eau n’est pas une ressource inépuisable.

En 2005, la mer d’Aral a perdu, à cause de cette pratique, les trois-quarts de sa surface pour les cultures de blé et de coton, ce qui a rendu l’eau plus salée et tué la plupart des formes de vie présentes. Protégée depuis 2006, elle a pourtant quasiment disparu aujourd’hui…

La culture de ces plantes nécessite également beaucoup d’espace : l’industrie textile est en 2ème place en ce qui concerne l’occupation des sols de la planète, avec 2% à 3% de la surface cultivable mondiale rien que pour le coton ! La culture de ces plantes se fait essentiellement en mono-culture intensive, ce qui est également néfaste pour la biodiversité et la fertilité des sols, qui s'assèchent plus rapidement.

 👉 Les chiffres à retenir :

  • L'industrie textile est le 3ème plus consommatrice d'eau au monde, après les cultures du blé et du riz.
  • Elle est également la 2ème qui occupe le plus de sols sur terre, entre 2% et 3% de la surface cultivable mondiale rien que pour le coton !
  • 1 t-shirt personnalisé = 2.500 L d'eau (l’équivalent de 70 douches) et 5 m² de sol
  • 1 jean = 11.000 L d'eau (l’équivalent de 300 douches) et 20m² de sol

 

  • Des procédés de fabrication polluants

La culture du coton est la plus polluante du monde : elle utilise 25% des pesticides et 10% des engrais chimiques mondiaux. Avec en moyenne 25 traitements chimiques, ce t-shirt personnalisable en coton que vous allez acheter pour votre prochain séminaire d’entreprise possède une dimension polluante qu’on ne soupçonne pas. Avant ces traitements, ce même tee-shirt aura « consommé » 140 g de pesticides et d’engrais chimiques. Et il émettra 5,2 kg de CO², soit autant que 27 km en avion.

Ces produits chimiques infiltrent les sols, polluent les cours d'eau et intoxiquent la vie aquatique. En Indonésie, le fleuve du Citarum est le plus pollué du monde à cause des 500 industries textiles qui le bordent…

Si un tee shirt publicitaire en coton est très polluant, pourquoi ne pas faire le choix des matières synthétiques ? A vrai dire ce n’est pas beaucoup mieux. Les textiles synthétiques sont des dérivés du pétrole, et sont transformés avec des solvants hautement toxiques : cyanure, soude caustique, ammoniaque... Quel cocktail ! Volatiles, ces produits polluent l'air et les eaux, en plus d'émettre des gazs à effet de serre.

En 2015, Greenpeace a analysé des échantillons d'eau et de neige collectés dans les endroits les plus reculés de la planète : de la Suisse au Chili en passant par la Russie et la Chine, toutes les eaux contenaient des "composants perfluorés", des matières trouvables notamment dans l'élasthanne et les vêtements techniques…

En 2019, le documentaire "Vert de Rage" de Martin Boudot sur le fleuve le plus pollué du monde, le Citarum, révélait une information glaçante : on retrouve en moyenne 54 polluants différents dans les cheveux des enfants de la région avoisinante, dont des insecticides et des perturbateurs endocriniens…

👉 Les chiffres à retenir :

  • 1 t-shirt publicitaire = 140 g de pesticides et d’engrais et 5,2 kg de CO² (autant que 27 km en avion).
  • 54 polluants différents ont été retrouvés dans les cheveux des enfants vivant dans la région du Citarum le fleuve le plus pollué au monde…

 

  • L’impact carbone lié au transport

Vous commencez à le comprendre, votre tee-shirt personnalisé en a parcouru des kilomètres…

L’équivalent d’un tour de la Terre, soit environ 45 000 kms :

  • Ce voyage commence dans les champs de coton d’Inde, d’Afrique ou du Texas, où réside l'industrie du coton numéro 1.
  • Il continue ensuite vers les ateliers de tissage en Chine ou en Inde, où la fleur de coton est transformée en fil, puis le fil tissé.
  • En fin d'étape, les tee-shirts sont fabriqués, en Chine, au Bangladesh, en Inde ou en Turquie pour enfin être revendus aux quatre coins du monde.

    

Ateliers de filage du coton en Inde 

D’après une récente étude de Cycléco parue en janvier 2021, l’empreinte carbone du secteur textile en France serait de 442 kilos d’émissions de CO2 par personne et par an. Nous sommes encore loin des objectifs de l’Accord de Paris qui fixent le plafond à 74 kg de CO² par an et par personne à l’horizon 2050, soit 6 fois moins…

👉 Le chiffre à retenir :

L’empreinte carbone du secteur textile en France est aujourd’hui 6 fois plus élevée que l’objectif de l’Accord de paris : 442 kilos par an et par personne vs 74

 

  • La surproduction et la création de déchets

L’industrie textile est également championne du gaspillage et de la surproduction. En moyenne 20 % de tissu sont perdus lors de la découpe d'un vêtement, dont seulement une partie est recyclée, le reste est jeté.

Mais le gaspillage est aussi dû à la surconsommation. En France par exemple, on estime qu’en moyenne :

  • un adulte achète entre 9 et 30 kilos de textile par an,
  • un vêtement est porté entre 7 et 10 fois
  • 114 € de vêtements par logement reste dans nos placards sans jamais être portés.

Le recyclage textile ne concerne que moins de 15 % d'entre eux.

👉 Le chiffre à retenir :

114 € de vêtements par logement restent dans nos placards sans jamais être portés.

    

La surconsommation : 1ère cause du gaspillage de vêtements

 

  • L’exploitation humaine et conditions sociales

Comment ne pas parler de l’exploitation humaine et des conditions sociales désastreuses de l’industrie textile ? Travail forcé des Ouïghours dans le Xinjiang, province chinoise produisant 85 % du coton chinois, effondrement du Rana Plaza en 2013 au Bangladesh… L’industrie textile conventionnelle exploite et tue. Les conditions de travail et les salaires y sont indécents, les tâches dangereuses, le travail des enfants autorisé, les syndicats interdits, et les pressions physiques comme psychologiques sont courantes.

Au Bangladesh, 5 millions de mineurs de 6 à 16 ans travaillent pour cette industrie, où le salaire moyen de ce secteur est de 83 € par mois. Au Pakistan, les conditions de travail inacceptables des ouvrier.e.s textiles ont été dénoncées par l'ONG Human Rights Watch en janvier 2019. L'OMS recense 1 million de personnes intoxiquées par la culture du coton conventionnelle et 22.000 morts chaque année.

En achetant un tee-shirt personnalisé à bas prix, sans exiger de transparence, ni chercher à décrypter ce qui cache derrière son étiquette, c’est sans forcément le savoir, ce que nous soutenons.

Ouvrières textiles au Bangladesh

2. Alors quelles solutions ?

 

  • On opte pour des matières naturelles ou recyclées

Une première alternative intéressante est de proscrire les matières synthétiques et de se tourner vers des vêtements fabriqués à partir de matières naturelles et écologiques, qui nécessitent moins d’eau et pas ou peu de produits chimiques pour leur production : le lin, le chanvre, le lyocell ou le tencel.

Pour les autres matières, notamment le coton, de nombreux labels textiles peuvent vous aider à y voir plus clair :

  • Le label GOTS, Global Organic Textile Standard, assure une matière première cultivée dans le cadre de l'agriculture biologique : le vêtement doit contenir au moins 70% de fibres naturelles biologiques certifiées, ainsi que le respect des normes de l'OIT (Organisation Internationale du Travail).

A noter que ce label garantit un produit fini sain, mais pas que la production n'a utilisé aucun produit chimique, ni qu'elle a été non-polluante. Par exemple du polyester peut être certifié Oeko-Tex : cela signifie que le produit fini ne présente aucun risque pour la santé ou pour la peau.

  • La norme OCS (Organic Content Standard) s'applique à n'importe quel produit non alimentaire contenant 95 à 100 % de matières biologiques et vérifie la présence et le pourcentage de matières biologiques dans le produit final et suit le flux de matières premières, de l'origine au produit fini.
  • L’Écolabel européen, certifie des biens et services respectueux de l’environnement et de la santé tout au long du cycle de vie, de l’extraction des matières premières à leur utilisation, en passant par leur fabrication.

Autre alternative, les textiles recyclés ou upcyclés. De plus en plus d’entreprises font ce choix pour baisser leur impact carbone.

L’Indispensac par exemple fabrique ses sacs en France et en matières recyclées. Les sac sont tissés dans la Loire et à Charlieu, l'atelier bénéficie des labels "Entreprise du Patrimoine Vivant" et "France Terre Textile". Ils sont confectionnés dans la région en circuit-court (moins de 200 kms!), et certifiés "Origine France Garantie".

Les sacs sont entièrement composés de fibres recyclées (chutes de confection, bouteilles plastiques) par deux filateurs français et européen. Cette revalorisation des déchets participe à l'économie circulaire et réduit la pollution en ne créant pas de nouvelle matière ! Les sacs sont donc certifiés GRS : Global Recycle Standard.

10 sacs = 13 bouteilles plastique + 1 jean recyclés.

La fabrication de ces sacs réduit par 9 les émissions de CO2 et par 5 la consommation d'eau par rapport au même sac provenant d'Asie.

La teinture ? Il n'y en a pas ! Les chutes de confection sont "effilochées", triées par couleur puis ré-assemblées pour obtenir la couleur cible du sac.

👉 Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article dédié « Zoom sur l’Indispensac, le sac publicitaire recyclé, made in France et solidaire »

 

Autre fibre recyclée intéressante : le Seaqual® yarn, un fil de qualité similaire à une fibre polyester fabriqué à partir de déchets plastiques marins. Ces déchets sont collectés sur les plages mais aussi dans les fonds marins et à la surface des océans, des rivières et des estuaires. Ils sont ensuite triés par matière, pour en extraire les particules plastiques, les nettoyer et les transformer en « plastique marin upcyclé ». Cette fibre est ensuite utilisée pour fabriquer… des articles textiles !

Trousse, sac shopping et tote bag en Seaqual® yarn

Trousse, sac shopping et tote bag en Seaqual® yarn

👉 Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article dédié « Le Seaqual®, cette matière innovante faite à partir de déchets plastiques marins »

 

  • On choisit des marques éthiques, transparentes sur les conditions de fabrication

En exigeant de la part des fabricants plus de transparence sur les conditions de fabrication de leurs produits, il est possible de s’assurer que les conditions de travail sont correctes, même dans des pays éloignés tels que la Chine ou le Bangladesh où fort heureusement les choses évoluent petit à petit. Plus nous serons exigeants, plus les fabricants le deviendront à leur tour avec leurs partenaires et fournisseurs.

Là encore des labels et certifications peuvent vous aider à y voir plus clair : La Fair Wear Foundation, est une organisation indépendante multipartite. En collaboration avec les entreprises adhérentes, elle travaille pour contrôler et améliorer les conditions de travail dans l’industrie textile. Accompagnement, formations et bien sûr audits réguliers sont menés sur les conditions de travail dans les usines partenaires des entreprises adhérentes mais aussi sur l’ensemble de la chaîne de production : hygiène et sécurité, harcèlement, existence d’un contrat légal, non-discrimination, salaire minimum, des horaires de travail encadrés, pas de travail des enfants…

Certaines marques mettent en plus, en place un code de conduite interne relatif au respect des conditions de travail décentes des ouvriers. C’est le cas par exemple de Stanley et Stella, qui est également membre de la Fair Wear Foundation :

 

Le label Max Haveelar, principal label du commerce équitable, garantit de meilleures rémunérations pour les paysans producteurs, le respect des droits fondamentaux des producteurs et travailleurs, et la préservation de l’environnement. 

  • On opte pour des marques solidaires

Enfin, on peut faire le choix de tee shirts personnalisés fabriqués par des entreprises solidaires, qui ont fait le choix de favoriser l'insertion professionnelle. C’est le cas notamment d’Indispensac, fabricant de sacs made in France recyclés et solidaires : la confection des sacs est confiée à des partenaires solidaires tels que des ESAT, entreprises de réinsertion, ou encore à des associations de personnes dans le besoin.

     Tote bag pliable avec poche Indispensac

👉 De gauche à droite : Tote-bag sur mesure en fibres recyclées : - 3k de CO2 par sac comparé à un sac provenant d'AsieTote-bag pliable avec une poche latérale pour le rouler à l'intérieur 

 

  • On favorise au maximum le local, made in France ou made in Europe

 

L’idéal pour limiter l’impact carbone lié au transport est bien sûr de favoriser le local : à minima made in Europe, au mieux made in France.

Pour aller encore plus loin, on favorise l’offre régionale avec le circuit-court et le plus possible de matières locales : lin, chanvre, lyocell... Le local n’exclue bien sûr pas de se renseigner sur toute la chaîne de production. Demander plus de transparence à vos revendeurs les amènera eux-mêmes à être exigeants auprès des marques avec lesquels ils travaillent.

Chez Dream Act Pro c’est ce que nous faisons au quotidien, et chaque marque que vous trouverez sur notre site doit répondre à des critères stricts en termes de matières, lieu et processus de production, conditions de travail de leurs usines partenaires etc.

Nous exigeons de la part de nos marques partenaires toujours plus de transparence pour pouvoir l’être avec vous à notre tour !

Face à cette demande croissante pour toujours plus de transparence, de plus en plus de marques éthiques détaillent aujourd’hui les lieux de ressources et de fabrication de leurs produits.

Certaines font également le choix de relocaliser leur production, comme l’entreprise Toptex par exemple.

Le groupe français basé à Toulouse, a récemment lancé une gamme de textiles promotionnels labellisée Origine France Garantie en coton et coton bio certifié OCS.

Sur cette gamme, le coton vient des Etats Unis, est tissé à Roanne puis transformé à La Bruguière en Occitanie. Les articles sont ensuite fabriqués à Morlaix en Bretagne, ce qui nous donne des tee shirts personnalisée issus à 90% de la fabrication française et qui sont donc labellisés Origine France Garantie.

Tee-shirt femme Kariban Tee shirt homme Kariban

👉 De gauche à droite : T-shirt femme en coton bio made in France KaribanT-shirt homme en coton bio made in France

 

3. Et pour le textile publicitaire, on fait comment ?
 

Pour le textile publicitaire, le problème ici encore plus qu'ailleurs est la recherche à tout prix du petit prix.

Chercher du petit prix n’est in fine pas rentable. Car en choisissant des produits qui viennent de loin et fabriqués à partir de matières premières de mauvaise qualité, vos tee shirts personnalisés coûteront certes moins cher à l’achat, mais risquent très probablement d’être portés une seule fois, de rester au fond d’un placard ou pire de terminer à la poubelle. L’investissement s’avèrera inutile pour un produit qui ne sera pas durable !


On garde en tête que ce tee-shirt personnalisé acheté à l’occasion d’un séminaire d’entreprise est aussi (et peut être même avant tout ?) un support de communication : l’objectif est qu’il reste longtemps dans le quotidien de nos collaborateurs. Vouloir moins mais mieux, c'est le seul moyen de bien porter vos valeurs !

 

Alors concrètement, on fait comment ?

  • On fait le choix de produits durables : exit les grammages trop fins, qui s’abîment ou s’effilochent après quelques lavages et qui ne renvoient pas une belle image de marque.
  • On opte pour un design intemporel : pour que vos produits soient réutilisables et durent dans le temps. Par exemple, un marquage avec une date ou une année "Séminaire du 20 Septembre 2021" ne sera plus utilisable pour un prochain évènement professionnel.
  • On préfère un marquage discret, en apposant par exemple votre logo sur le côté d'un sac offert à collaborateur, pour maximiser les chances qu'il soit réellement porté.
  • En plus, en optant pour un marquage simple (logo en monochrome par exemple, et sur de petites quantités) vous réalisez des économies sur le marquage plutôt que sur le produit !
  • Exit les marquages basse qualité : on choisit ceux qui résistent le mieux au lavage, comme par exemple le transfert digital sérigraphique.
  • On s’assure que les encres utilisées sont végétales à base d’eau, moins polluantes et meilleures pour la santé !

Certaines entreprises sont de plus attentives à l’impact environnemental de leurs activités et notamment du marquage. Outre l’utilisations d’encres végétales à base d’eau, il est par exemple possible d’utiliser des feuilles de papier plutôt que du polyester. Renseignez vous auprès de vos fournisseurs pour savoir comment ils travaillent !

 

👉 Pour en savoir plus sur les différentes techniques de marquage publicitaire, leurs avantages et limites respectives, rendez vous sur notre article dédié.

 

4. Conclusion : Soyons toujours plus exigeants pour aller vers plus de transparence !

En conclusion, nous l’avons vu acheter un tee-shirt personnalisé éco responsable est loin d’être une évidence.

Cela demande au consommateur 2 choses : continuer de s’informer et d’être exigeant. En militant pour davantage de transparence afin de comprendre ce que nous achetons, en BtoB comme en BtoC, nous ferons naturellement évoluer les pratiques améliorer la traçabilité. C’est notre responsabilité directe en tant que consommateur.

👉 Pour aller plus loin, nous vous recommandons :

  • Le document de l'ADEME expliquant les impacts des vêtements et chaussures sur la planète : Le revers de mon look 

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